La Victimisation
La victimisation
« Avant, pour exister, il fallait avoir fait quelque chose, s'être manifesté par des actes. Aujourd'hui, il suffit de trouver de quoi se plaindre. »
- Je ne veux surtout pas nier la souffrance qu’un traumatisme peut provoquer. Certaines expériences bouleversent réellement une existence. Elles laissent des traces, elles transforment notre regard sur le monde, et parfois même notre rapport à nous-mêmes.
- Mais derrière cette affirmation « je ne serai plus jamais la même » se cache une question essentielle : sommes-nous vraiment ce qui nous est arrivé ?
- Il est naturel, lorsqu’un événement nous blesse, de se sentir atteint jusque dans son identité. Pourtant, il existe une différence entre avoir été victime d’un événement et continuer à se définir comme victime dans la durée.
- Une expérience peut nous marquer, mais elle ne peut définir ce que nous sommes au plus profond de nous-mêmes, à moins que nous lui donnions ce pouvoir.
- Nous portons tous en nous un espace intérieur que rien ne peut altérer. Un lieu discret, silencieux, où l’être demeure intact malgré les tempêtes traversées. C’est à partir de cet espace que commence la véritable guérison.
-Parfois, sans même nous en rendre compte, nous restons attachés à nos blessures parce qu’elles donnent un sens à ce que nous avons vécu.
- Pourtant, la compassion véritable ne nous enferme pas dans ce que nous avons subi : elle nous accompagne vers ce que nous pouvons encore devenir.
- On observe aussi que certaines blessures collectives, portées par des groupes ou des peuples entiers, continuent d’influencer le présent bien longtemps après les événements qui les ont provoquées.
- Se souvenir est nécessaire. Honorer l’histoire est juste. Mais lorsque la mémoire cesse d’éclairer le présent et commence à l’assombrir, elle devient un poids plutôt qu’un repère.
- Certaines personnes se reconnaissent dans le mot « survivant ». Ce mot est digne et respectable. Il témoigne d’un passage difficile, d’un courage réel. Mais il existe une étape encore plus profonde : celle où l’on cesse de survivre pour recommencer à vivre pleinement.
- Car au-delà de ce qui nous est arrivé, il existe en chacun une part intacte. Une part qui n’a jamais été brisée, jamais diminuée, jamais effacée. C’est vers cette part-là que nous pouvons revenir.
- Guérir ne signifie pas oublier. Guérir ne signifie pas nier ce que l’on a traversé. Guérir signifie découvrir que nous sommes plus vastes que notre histoire et que notre avenir n’est pas obligé de ressembler à notre passé.
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